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le message de Jean Bothorel au Likes : "le consensus, c’est l’aliénation joyeuse."

mercredi 1er avril 2009, par Lionel Le Fourn

Invité par l’équipe du "Vendredi-forum" et les enseignants-documentalistes dans le cadre de la Semaine de la Presse, Jean Bothorel, grand reporter, éditorialiste devenu aujourd’hui écrivain et biographe, est venu à la rencontre des élèves et étudiants vendredi 27 mars


Un coup d’oeil dans le rétroviseur :

Elève au Likès jusqu’en 1958, il en sort avec en poche trois CAP (électricien, dessinateur industriel et ajusteur-tourneur) et un baccalauréat scientifique. Après l’école des Arts et Métiers (ECAM), il se réoriente en milieu d’année pour intégrer Sciences Po à Grenoble ; "j’avais la passion de la politique". En 1963, il entre au gouvernement au cabinet de R.Marcellin puis d’Yvon Bourges. Sous l’impulsion de ce dernier, en 1965, il fonde Bretagne Magazine (un "Paris Match Breton") ; "Yvon Bourges voulait un journal qui appuie la candidature à la présidentielle de De Gaullle".

Du FLB à grand Reporter à la Vie Catholique

Il rejoint en 1968 l’Expansion. Prenant conscience de la situation injuste faite à la Bretagne (absence d’autoroutes par ex), il rejoint les rangs du Front de Libération de la Bretagne. Arrêté fin 68 lors d’une action menée contre une caserne, il se retrouve en détention jusqu’à son amnistie le 14 juillet 1969 par le Président Pompidou. Il parcourt alors le monde en devenant Grand Reporter à la Vie Catholique (qui tire alors à près d’1 million d’exemplaires). Des drames du Bangladesh aux bidonvilles de Calcutta, il raconte que "la ligne éditoriale de la Vie était d’informer sur les conflits en donnant un rôle central au témoignage des populations locales." Nègre de Mendès-France puis éditorialiste au Figaro

Alors qu’il devient le "nègre" de Pierre Mendès-France (1970-1982), il participe au lancement du journal le Matin de Paris qu’il quitte après l’élection de Mitterand " car j’étais obligé de m’aligner au pouvoir". Il intègre alors le Figaro, en tant qu’ éditorialiste, jusqu’en 1996.

En parallèle, il devient membre du jury de l’ENA tout en dirigeant la Revue des Deux Mondes, prestigieuse revue littéraire fondée au 19ème siècle.

Mes chers imposteurs

Sa carrière d’écrivain s’accélère alors. Biographe du baron Seillières, de Raymond Barre, de François Pinault et Vincent Bolloré, il rédige également quelques pamphlets.

Dans Mes chers imposteurs, il dénonce tout un réseau d’intellectuels parisiens qui capte en permanence l’attention des médias et d’une critique littéraire complaisante à leur égard : Michel Onfray à ses yeux est un imposteur qui sous couvert de vulgariser la philosophie pour le grand public plagie et dénature les grands auteurs. Son ancien ami Bernard-Henri Levy "n’a d’obsession que son égo". Les politiques participent également à cette "déculturation" : à propos de N. Sarkozy, "sa façon de parler me sidère ! Il dégrade la langue française qui est pourtant la base de la démocratie".

"Le consensus, c’est l’aliénation joyeuse"

Jean Bothorel se définit comme un "indigné", il revendique sa liberté de parole comme un refus de complaisance à l’égard des pouvoirs.


Le Likès - 20, place de la Tourbie - 29196 Quimper Cedex
telephone : 02 98 95 04 86 - telecopie 02 98 95 06 24
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